Comment peut-on être Rolivalois ?

Vincent Thiry (à gauche) est le futur propriétaire de la boulangerie

Vincent Thiry (à gauche) est le futur propriétaire de la boulangerie

Souvent on me demande pourquoi tant de gens veulent, désormais, acheter une maison et devenir propriétaires à Val-de-Reuil ? Nous n’avions pas, autrefois, une telle attractivité. Alors, oui, pourquoi ? Une raison simple vient immédiatement à l’esprit : parce que le maire y est sympathique et dynamique. Cela n’est, hélas, pas encore prouvé scientifiquement. Qui plus est, les exemples abondent d’un jugement moins flatteur. Avec tristesse, mais résignation, abandonnons d’emblée cette hypothèse immodeste.

Autre explication, non plus psychologique, mais quasi politique : cette ruée immobilière ne se produirait que pour faire mentir le jovial Lecornu. Le ci-devant attaché parlementaire de Bruno Lemaire avait, en effet, prédit que, à son initiative, la Ville ne connaîtrait que ruine et déclin. Ou s’il n’avait dit exactement ces mots, il s’était employé à les concrétiser. Écartons pourtant également cette seconde piste. Si la doublure lumière de M. Lehongre entretient des relations compliquées avec la vérité, il n’a pas besoin d’une mise-au-point supplémentaire pour le lui rappeler et il reviendrait un peu cher d’acheter une maison à chaque fois qu’il est insincère.

Faut-il alors penser que, chez nous, l’eau est plus propre, l’air plus pur, l’herbe plus verte ? Il y a beaucoup de vrai là-dedans, mais 36.000 autres communes le proclament non moins allègrement. Ce n’est pas vraiment un avantage comparatif…

Devant tant de perplexité, j’ai pris mon stylo et j’ai dressé la liste de nos atouts pour la partager avec vous.

« la Commune a divisé sa dette par deux en quinze ans, n’a jamais augmenté ses impôts depuis 2000 et ne compte pas le faire de sitôt»

Commençons. On peut investir tranquillement à Val-de-Reuil parce que la sécurité y règne et que la Ville, parmi celles de plus de 10.000 habitants, est régulièrement classée la plus sûre du département de l‘Eure devant Évreux, Vernon, Louviers, n’en en déplaise à nos voisines, rivales et néanmoins amies. Avec 100 policiers travaillant dans un commissariat qui a moins de dix ans, 40 caméras de vidéo-vigilance, un service de police municipale compétent et bien équipé, il serait dommage qu’il en aille différemment. Cela ne vous suffit pas ? Alors restons dans les fondamentaux : la Commune a divisé sa dette par deux en quinze ans, n’a jamais augmenté ses impôts depuis 2000 et ne compte pas le faire de sitôt. Pas mal, mais pas encore assez pour vous convaincre ? Pour les petits rolivalois, la municipalité a fait de l’éducation une priorité : trois crèches sur son territoire et une quatrième en projet, 14 écoles bien entretenues ou neuves, comme le sera dans deux ans celle des cerfs-volants, deux collèges de proximité (jadis trois…), le meilleur lycée de l’agglomération, souvent du département, qui, cerise sur le gâteau, ouvre les portes de Sciences-Po, le CFA le plus considérable de l’ouest français ! Ceci vous satisfait-il ? Non plus ?

Alors sachez que le plus beau théâtre de Normandie et une programmation culturelle plébiscitée, un cinéma d’art et d’essai qui se bat pour programmer autre chose que des imbécilités, un conservatoire de musique remarquable, une compagnie nationale de danse et une maison de la poésie ont ici pignon sur rue

Alors sachez que le plus beau théâtre de Normandie et une programmation culturelle plébiscitée, un cinéma d’art et d’essai qui se bat pour programmer autre chose que des imbécilités, un conservatoire de musique remarquable, une compagnie nationale de danse et une maison de la poésie ont ici pignon sur rue. Autre chose pourtant ? Vous êtes insatiables, mais nous avons du répondant. C’est sur notre territoire que se trouve l’échangeur autoroutier qui met les aéroports à une heure 30 et la mer à 40 minutes, la passe marinière qui donne accès à la Seine et la gare qui dessert Rouen, Paris et Le Havre. Excusez du peu ! Et puisqu’il vous faut du plus lourd, je vais vous en donner : qui est le premier pôle industriel de l’Eure, qui recense 10.000 emplois qualifiés et qui aligne les grands noms – Sanofi, EDF, Orange – de notre économie ? Non ce n’est pas Tournedos et Portejoie qui ont d’autres qualités. Pas non plus Louviers qui n’a que ses yeux pour pleurer (je plai-san-te !). C’est ici ! Le contraire ferait beau voir !

Vous me demandez de l’unique, de l’exceptionnel ? Très bien. Une piste de 100 mètres en indoor ? Le stade Jesse Owens de Val-de-Reuil. Le second site de plus visité du département ? Biotropica à Val-deReuil (juste derrière Monet et Giverny). Le plus vieux monument de l’agglomération ? Le menhir de Val-de-Reuil

Où faire de l’athlétisme, du canoé-kayak, du twirling-bâton, du jujitsu dans des conditions optimales ? Dans nos stades, nos gymnases, dojo et piscine comme 75 autres disciples individuelles ou collectives ! Faire ses courses ? Mais, bien sûr, dans une de nos cinq boulangeries, en fréquentant le nouvel Auchan ou par un détour rue Courtine où se trouve la meilleure cave à cigares des 50 kilomètres alentours. Vous me demandez de l’unique, de l’exceptionnel ? Très bien. Une piste de 100 mètres en indoor ? Le stade Jesse Owens de Val-de-Reuil. Le second site de plus visité du département ? Biotropica à Val-deReuil (juste derrière Monet et Giverny). Le plus vieux monument de l’agglomération ? Le menhir de Val-de-Reuil. Et oui, même lui, est en résidence dans la plus jeune commune de France. Il est certain que s’il ne se sentait pas bien, il aurait – de longue date – transporté au Vaudreuil ses pénates.

Et puis, il faut ajouter à cette litanie hétérogène d’autres éléments plus rationnels. La Ville s’est améliorée. Elle a su rassurer, réparer, relancer. La proportion de logements sociaux, qui voisinait naguère les 93% s’oriente vers les 50%. Deux programmes ANRU sont passés. Un troisième va débuter. Les rues sont propres. Des promoteurs sont arrivés. Le marché immobilier a retrouvé chez nous des valeurs orientées à la hausse et une fluidité à la vente qui tranquillise sur le long terme. De nouveaux produits ont été proposés aux acheteurs souvent venus de l’extérieur. Ils ont correspondu à leurs capacités de financement. Des terrains ont été mis en vente. D’autres lotis. Un bon millier de maisons et d’appartements, en quinze ans, ont trouvé acquéreur et les heureux propriétaires ne s’en sont pas mécontents. C’est même l’inverse. Alors, il ne faut pas s’étonner que cet élan se prolonge. Nexity, AMEX, MK, d’autres encore construisent à Val-de-Reuil et donnent l’occasion à de nouveaux habitants de rejoindre la Ville nouvelle. Une étude de notaires, profession philanthropique on le sait, va même poser sa plaque sur les murs de la Ville Nouvelle.

Nous avons la tête dans le guidon ou dans les étoiles et, quoi qu’il en soit, pas toujours le temps de dessiner des courbes, de remplir des tableaux, de sortir des statistiques. Quand l’histoire le fera, on verra la réussite, les efforts, le travail qu’a exigés cette métamorphose. En attendant, il fait bon vivre à Val-de-Reuil.

Marc-Antoine JAMET
Maire de Val-de-Reuil.

L’éditorial

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