Un concert où les basses font vibrer la poitrine. Une soirée jeux vidéo, casque vissé sur les oreilles. Un chantier rythmé par le marteau-piqueur. Un trajet en bus avec de la musique à plein volume pour couvrir le bruit ambiant. Dans ces situations devenues banales, un signal passe souvent inaperçu : le sifflement persistant au moment de se coucher. Le fameux acouphène que Stéphanie Dumont-Ginfray a fait son combat.
Installée à Val-de-Reuil, Stéphanie Dumont-Ginfray exerce comme sophrologue depuis 2022. Mais son cabinet n’est qu’une facette de son engagement. Ambassadrice de l’Association Nationale de l’Audition depuis 2025 et référente de secteur pour le Pôle Sophrologie et Acouphènes, elle multiplie les actions de sensibilisation auprès de tous les publics, des enfants aux seniors. « Prévenir dans le milieu public, auprès de n’importe quel public, l’audition à tout âge est hyper important. Que ce soit chez les enfants avec le port des casques ou lors des concerts, il faut vraiment protéger son audition. » Si les acouphènes restent le motif principal de consultation, ils ne sont qu’une facette des troubles auditifs liés au bruit ou aux pathologies ORL.
Parmi les maladies et troubles fréquemment rencontrés : L’hyperacousie : une hypersensibilité aux sons du quotidien, vécus comme agressifs, voire douloureux ; la maladie de Ménière : pathologie de l’oreille interne associant vertiges, baisse d’audition et acouphènes ; les vertiges vestibulaires : liés à un dysfonctionnement du système de l’équilibre. La surdité précoce liée au bruit : vieillissement auditif accéléré ; les traumatismes sonores aigus : après un concert ou une explosion sonore ; les otites chroniques et troubles ORL répétés chez l’enfant, pouvant fragiliser durablement l’audition. « L’acouphène est un symptôme. Quand je reçois quelqu’un, je prends la personne dans sa globalité. Il faut comprendre l’origine, le contexte, le vécu. » Elle travaille en collaboration avec une équipe ORL AFREPA du Dr Brami d’Evreux et accompagne environ 25 patients par mois pour des troubles auditifs.
Un virage professionnel après 27 ans dans le dentaire
Avant d’ouvrir son cabinet, Stéphanie Dumont-Ginfray a travaillé 27 ans comme assistante dentaire. Un parcours médical qui lui a donné le goût de la prévention et du travail en équipe pluridisciplinaire : « C’est venu tout seul. Le fait d’avoir travaillé dans le milieu dentaire m’a aidée à comprendre. Et moi-même, j’ai des acouphènes. » D’abord formée à la prévention santé, elle se spécialise ensuite en sophrologie. Puis se spécialise en validant une formation spécifique référencée par le Pôle Sophrologie et Acouphènes, basée sur la méthode développée par Patricia Grévin, sophrologue et formatrice, fondatrice d’une école spécialisée dans l’accompagnement des acouphènes, de la maladie de Ménière et de l’hyperacousie. Elle débute à domicile avant d’installer son activité à l’Hôtel d’Entreprise. Aujourd’hui, elle consulte à Val-de-Reuil (lundi, mercredi toute la journée et samedi matin), à Évreux, ainsi qu’en téléconsultation via la plateforme Perfactive.Également secouriste en santé mentale pour adultes et jeunes, elle revendique une approche anticipative : « Je veux aider les gens pour prévenir les problèmes par la suite. »
Les acouphènes, un enjeu de santé publique
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Selon le baromètre Ifop – JNA Acouphènes 2024, 15 à 18 millions de Français souffrent ou ont souffert d’acouphènes. Parmi eux, 3 à 5 millions de moins de 35 ans en seraient atteints en permanence. Les niveaux sonores lors d’événements sportifs ou festifs sont régulièrement pointés du doigt. Les conséquences ne se limitent pas aux oreilles : irritabilité, troubles du sommeil, fatigue accrue, voire répercussions sur le comportement alimentaire des plus jeunes. Une enquête IFOP-JNA révèle que 1,3 million d’enfants ont déjà consulté pour des sifflements ou des bourdonnements. Plus préoccupant encore : 40 % des parents déclarent que leur enfant de moins de 10 ans porte un casque audio entre une et quatre heures par jour. « Les oreilles des enfants sont plus fragiles que celles des adultes. Nous sommes en train de créer une génération de malentendants », alerte-t-elle.
Une spécialisation reconnue
La sophrologie, rappelle-t-elle, est une pratique de soin non conventionnelle exercée en complément d’un suivi médical. Elle repose sur des exercices d’attention consciente, de respiration et de mobilisations douces centrées sur les ressentis corporels : « L’acouphène est un symptôme. Je prends la personne dans sa globalité. On travaille sur le moment présent, sur le positif, sur la perception du corps. Remettre le corps au centre permet d’avancer. » Une étude menée en 2021 par le Pôle Sophrologie et Acouphènes sur 140 patients montre une diminution moyenne de 51,9 % du score THI, l’indice mesurant le handicap lié aux acouphènes. À l’issue du protocole, plus aucun patient ne figurait dans les catégories « handicap lourd » ou « invalidant ».
Au-delà de l’audition
Si les troubles auditifs représentent une part importante de son activité, la sophrologue accompagne également des personnes atteintes de fibromyalgie, des patientes suivies pour un cancer du sein, des enfants stressés ou encore des publics atypiques, en lien notamment avec le centre autistique de Saint-Étienne-du-Vauvray. Son fil conducteur reste le même : prévention, écoute et accompagnement global.
À Val-de-Reuil comme à Évreux, Stéphanie Dumont-Ginfray défend une conviction simple mais essentielle : la santé auditive se protège dès le plus jeune âge et se préserve toute la vie !
Stéphanie organise une matinée de portes ouvertes le samedi 14 mars de 10h à 11h et de 11h à 12h (maximum 6 personnes par créneau) Inscription obligatoire au 07 67 05 24 47
Infos :
14 rue du Pas des Heures
27100 Val-de-Reuil
Algosophro.fr
07 67 05 24 47 / Contact@algosophro.fr
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