Laïcité: les lycéens ont soif de débats

9 décembre : journée nationale de la laïcité. L’occasion pour les lycéens de Marc Bloch de se lancer dans un débat passionné autour de cette question. Débat auquel assistait ce matin la Rectrice de l’Académie.

Les lycéens de Marc Bloch affichent et assument leurs convictions ! Et autant dire qu’en matière de laïcité, ils sont intarissables… Pendant une heure entière ce vendredi matin, une quarantaine d’élèves de Terminale ont soutenu le débat, les uns clamant haut et fort leur adhésion au principe de laïcité quand d’autres considéraient celle-ci comme une atteinte aux libertés.

Extraordinaire réflexion collective

Un formidable exercice réalisé sous les yeux de Nicole Ménager, Rectrice de l’Académie de Rouen. « Je suis ravie de voir que la valeur fondamentale de la République vous interpelle. Vous m’impressionnez énormément », leur a-t-telle confié à l’issue de leur prestation.

Qu’ils s’appellent Paul, Amila, Abdoul-Bek, Jamiu, Marie… tous ont ainsi défendu avec brio leur opinion ce matin, dans une extraordinaire réflexion collective. Du burkini à la tolérance ; du port du voile au multiculturalisme ; de la montée de l’Extrême Droite à la stigmatisation de l’Islam… autant de thèmes qui font l’actualité décortiqués ce vendredi matin. « Ce fut un débat passionné de grands orateurs. Vous avez tenu des propos très mûrs et très adultes », reconnaissait pour sa part le maire de Val-de-Reuil, Marc-Antoine Jamet.

Café-tabou

Un débat qui s’inscrit dans la démarche très volontariste du lycée Marc Bloch pour susciter la réflexion collective et l’ouverture d’esprit. Les élèves ont ainsi profité de la présence de la Rectrice pour présenter leur atelier « café-tabou », un lieu d’échange et de confrontation d’idées entre élèves.

« Le premier café-tabou, ouvert à tous les élèves volontaires, a eu lieu le 1er décembre dernier. Nous avions également choisi le thème de la laïcité », indique Bernard Chambré, enseignant mobilisé sur le projet.

Abdoul-Bek, élève de Terminale, originaire de Tchétchénie (il a rejoint la France en 2004 avec sa famille, réfugiée politique), est séduit par ce café-tabou. « C’est important de s’ouvrir sur ce qui nous entoure ; de confronter nos idées. Nous sommes tous différents et nous avons des regards différents sur les choses ».

Kévin, élève de seconde, est tout aussi emballé : « On y parle de sujets qu’on ne peut pas aborder en cours. C’est intéressant d’avoir l’avis des autres élèves sur le sujet ».

Le prochain café-tabou, programmé en janvier, traitera de l’intégration. Un sujet qui tient particulièrement à cœur de Jamiu, élève de Terminale, arrivé du Nigeria il y a 3 ans. Nul doute que la mixité vécue au quotidien à Marc Bloch offrira des débats et des réflexions particulièrement riches et pertinentes.

Ateliers Sciences Po

Aussi pertinentes probablement que celles développées lors des ateliers hebdomadaires Sciences Po. Chaque vendredi après-midi, les élèves volontaires se rassemblent pour mieux s’informer de l’actualité, développer et confronter leurs idées sur cette actualité ; ils y travaillent des dossiers, y  rencontrent des experts tels que Thomas Legrand, journaliste politique sur France Inter, qui se déplace à Val-de-Reuil ce vendredi 9 décembre.

« Cet atelier est très utile pour ceux qui veulent intégrer une grande école, de type Science Po mais aussi pour ceux qui souhaitent simplement pousser leurs idées », signale l’enseignante responsable de l’atelier. Une sorte de cours de gym, comme l’indiquait Marc-Antoine Jamet “qui va vous donner des muscles et du souffle pour ce qui vous attend ensuite”.

Au final, le lycée Marc Bloch n’a pas failli ce matin à sa réputation : celle d’être le berceau de jeunes talents envers qui tout est mis en œuvre pour qu’ils s’épanouissent. Pour preuve, depuis la signature de la convention entre le lycée et Sciences Po Paris en 2008, ce sont 17 lycéens rolivalois qui ont rejoint la grande école parisienne !