L’Agglo fait bloc pour sauver le collège PMF

Les 36 maires de l'agglo s'opposent à la fermeture de PMF

Les 36 maires de l'agglo s'opposent à la fermeture de PMF

Les 36 maires de l’agglomération sont aujourd’hui hostiles à la fermeture de PMF. Ils l’ont publiquement fait savoir hier en se rassemblant rue PMF à Louviers. Ils font également des propositions au Département.  

Les 36 maires de l'agglo s'opposent à la fermeture de PMF
Les 36 maires de l’agglo s’opposent à la fermeture de PMF

Du jamais vu ! L’agglomération Seine-Eure a manifesté une extraordinaire unité hier soir à Louviers. Un peu moins d’un mois avant que le Conseil départemental n’entérine sa décision de fermer le collège PMF à Val-de-Reuil, les 36 maires de l’Agglo se sont réunis pour dire NON d’une seule voix !

Revêtus de leur écharpe tricolore, ces femmes et ces hommes de toutes tendances politiques confondues, ont donc fait fi de leurs divergences pour se rassembler autour de ce combat collectif au nom de l’avenir des enfants de Val-de-Reuil et de l’ensemble du territoire.

Des milliers de nouveaux logements

"On ne ferme pas un collège dans le 1er pôle économique du département"
“On ne ferme pas un collège dans le 1er pôle économique du département”

« On ne ferme pas un collège dans le 1er pôle économique du département. Les 7 collèges de l’Agglo Seine-Eure sont essentiels pour le développement de notre territoire ». Pour appuyer ses propos, le président de l’Agglo, Bernard Leroy rappelle que 2000 emplois ont été créés ces trois dernières années sur le territoire ; que 2000 nouveaux habitants sont arrivés. « Dont 700 habitants sur un an : c’est un record ! ».

A Val-de-Reuil, ce sont pas moins de 1000 nouveaux logements qui, jusqu’en 2020, sortiront de terre. « Alors pourquoi fermer ce collège ?», s’indigne Marc-Antoine Jamet.

De longs trajets en bus

Une chose est sûre : la fermeture du collège Pierre Mendès France aurait un impact majeur sur la majorité des communes de l’Agglo. Jeu de chaise musicale oblige, de nombreux enfants seraient en effet contraints – selon la nouvelle carte scolaire présentée par le Département – de changer d’établissements et faire de longs kilomètres en bus pour rejoindre leur nouvel établissement.

« Cela coûterait 300 000 € supplémentaires en transports alors que l’Etat demande aux collectivités de faire des économies », s’insurge François Xavier Priollaud. Bien plus grave, c’est toute la politique éducative qui serait mise à mal en cas de validation de cette nouvelle carte.

Qu'ils soient de gauche ou de droite, front uni pour sauver PMF
Qu’ils soient de gauche ou de droite, front uni pour sauver PMF

L’éducation prioritaire ébranlée

« La majorité des collèges en France abrite 300 élèves. Ici, le département veut créer des unités de 700 ou 800 élèves, particulièrement difficiles à gérer », insiste Marc-Antoine Jamet très inquiet par ailleurs de la disparition de ce collège situé en REP +. « Le réseau d’éducation prioritaire fonctionne autour d’un collège. S’il ferme, c’est toute l’éducation prioritaire qui est ébranlée ».

Une absurdité pour le maire de Val-de-Reuil qui rappelle la politique éducative nationale de dédoublement des CP. « D’un côté, le gouvernement fait en sorte qu’en CP-CE1, les écoliers soient 12 par classe ; de l’autre, le Département fait en sorte qu’à 10 ans, on les entasse dans des classes surchargées… »

Sans compter ces très longues journées imposées par les trajets ; organisation qui, confirme le maire, priverait les enfants d’activités sportives et extrascolaires. « Pour des enfants issus de quartiers fragiles, ce serait une catastrophe ».

Les propositions de l’agglomération

L'agglo propose de financer 50 % de la reconstruction de PMF, la Ville 25 %
L’agglo propose de financer 50 % de la reconstruction de PMF, la Ville 25 %

Au final, l’Agglomération met plusieurs propositions sur la table pour sauver coûte que coûte le collège PMF tout en répondant aux soucis économiques du Département. « PMF a besoin d’être reconstruit ; comme Alphonse Allais l’a été dans les années 2000, rappelle Bernard Leroy. L’Agglomération s’engage donc à financer 50 % de la construction de ce nouveau collège ».

Un effort financier substantiel que la Ville de Val-de-Reuil est également prête à consentir. « La Ville est prête à se ré-endetter pour aider au financement du collège PMF. Nous pourrions abonder à hauteur de 20 ou 25 % ». Une belle opération pour le département qui n’aurait alors plus qu’à assumer 25 % du financement de l’établissement rolivalois (hors financements annexes).

Comment réagira le CD 27 ?

En attendant, alors que le CD 27 estime que le fonctionnement actuel de PMF est beaucoup plus coûteux que la moyenne des autres collèges du Département, Bernard Leroy propose que l’Agglomération prenne à sa charge le surcoût financier annuel jusqu’à la reconstruction du collège.

Tous ces arguments suffiront-ils à interrompre la procédure en cours  ? La balle est en tout cas dans le camp du Département à qui toutes les mesures sont proposées pour répondre aux arguments économiques justifiant la fermeture de PMF.