Lima/Val-de-Reuil/Paris 2024

Paris 2024

Paris 2024

Un jour, la foudre m’est tombée sur la tête. Une petite foudre certes. Une foudre pas grave, ni méchante. Mais la foudre quand même. Nous étions à Singapour, c’était le 6 juillet 2005, avec Bertrand Delanoë, Arnaud Lagardère, Jean-François Lamour et quelques autres, prêts à entendre que la Ville de Paris avait été choisie pour accueillir les Olympiades de 2012. Nous avions tous travaillé dur pour cela. Mais c’était certain. On nous l’avait assuré. Nos « espions », Albert de Monaco en tête, étaient formels. C’était pour nous. C’était bon. C’était fait. Et puis ce fut le coup de tonnerre. Juste avant le coup de grâce. Jacques Rogue, l’étrange belge qui présidait le CIO, prononça ces mots que personne n’attendait, que personne ne croyait possible, même les Anglais qui pleuraient, le visage fermé, en attendant le verdict : « and the winner is London!». L’habileté de Tony Blair avait payé. Nous aurions dû remarquer les petits drapeaux anglais qui flottaient aux fenêtres de toutes les maisons de l’ancien fleuron asiatique de l’empire britannique.

Bien sûr, en essuyant les plâtres, nous avions déjà connu des désillusions, en 2001, quand l’organisation de Jeux de 2008, déjà, avait échappé à la Capitale. Jacques Chirac et Lionel Jospin avaient pourtant montré leur union sur le dossier aux anneaux. Mais la victoire était logiquement promise aux Chinois. Juan Antonio Samaranch annonça donc, à Moscou, sans sourciller, malgré la fureur française, que Pékin avait été désigné à une large majorité d’Etats. La vérité oblige à dire que cela ne parut par la suite ni illogique, ni infondé. Y compris à la France.

Marc-Antoine Jamet (portrait)
Marc-Antoine Jamet

Bien sûr, nous connûmes d’autres défaites. Celle de Durban, en Afrique du Sud où je défendais les chances d’Annecy pour les jeux d’hiver derrière Charles Beigbeder, fut presque joyeuse. Nous sommes montés au feu devant le CIO et avons été taillés en pièces. Notre préparation avait été brève. Nos documents étaient succincts, nos films légers. Trop succincts. Trop légers. Le Gouverneur de la ville de Corée (qui allait être choisie), en annonçant – entre deux torrents de larmes – que, s’il perdait, il se passerait par le fil de l’épée, fit le reste. L’équipe de champions français que nous avions rejoints était jeune, anglophone, éclatante. Notre tristesse ne fut pas insondable. Nous étions au milieu des vignobles de l’hémisphère sud. Le soir la dissipa assez rapidement.

Mais nous ne pouvions pas perdre une quatrième fois et, cent ans après les Jeux de Coubertin, après les Jeux de Paris, après les Jeux de 1924, laisser filer ceux de 2024. Je ne suis pas un chat noir. Alors, nous avons préparé Lima comme jamais, comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. L’entreprise pour laquelle je travaille a mis les fonds qu’on lui demandait. Nous avons rencontré ceux que nous devions rencontrer, mobilisé nos réseaux internationaux, témoigné de notre mobilisation à chaque audition aux côtés d’Anne Hidalgo et de la ministre des sports Laura Flessel, intégré la délégation officielle au Pérou, là-bas, entre désert et océan pacifique, au pied de la Cordillère des Andes, chez Pizarre et Atahualpa, en territoire espagnol et indien, fourni des éléments de langage, parlé – en allemand s’il vous plaît – à l’escrimeur Thomas Bach, le nouveau patron du Comité Olympique, pour lui dire que c’était au tour de Paris d’accueillir les Jeux et nous avons gagné !

Mais Paris ne les accueillera pas seule. Il faudra aux équipes de nos hôtes des piscines, des stades, des gymnases. Il faudra aux athlètes des hôtels, des restaurants, des terrains. Il faudra un climat, un accueil, une organisation amicale et souriante pour leur permettre de se mettre au vert le temps de se familiariser avec les conditions de compétition sous nos latitudes. Nous disposons de tout cela. Mais nous avons en plus l’habitude, l’efficacité et la volonté. Alors oui, notre Journal municipal le rappelle, Val-de-Reuil est candidate à l’accueil des équipes olympiques de 2024. Tous ensemble, nous allons nous y préparer.

Marc-Antoine JAMET
Maire de Val-de-Reuil.