Les 100 bougies d’Andrée Géroult !

Ce mardi 26 octobre, une résidente de l’ESPAGES souffle ses 100 bougies ! De son travail de tisseuse de tapis à l’occupation Allemande en passant par sa passion pour la lecture, Andrée Géroult dévoile sa vie. Portrait.

Arrivée à Val-de-Reuil il y a bientôt 13 ans, Andrée Géroult célèbre son 100ᵉ anniversaire ce mardi 26 octobre ! Un grand âge pour une vie bien remplie. 

Enfance Euroise 

Trois ans seulement après la Première Guerre mondiale, Andrée voit le jour le 26 octobre 1921 dans une ville normande bien connue : Pont Audemer. 

Elle est l’aînée d’une famille de 9 enfants, d’une mère au foyer et d’un père ouvrier. Si les années 20 s sont souvent attribuées aux “années folles”, la vie de l’époque était rude, mais la doyenne de la résidence rolivaloise n’a jamais souffert de faim : “mon père cultivait des légumes dans un grand potager où il laissait un espace pour les fleurs, car maman adorait les fleurs !” 

Après de nombreux déménagements, elle s’installe avec sa famille à Heudreville-sur-eure, juste à côté du château. Une jeunesse pleine de bonheur où elle tisse des liens avec les habitants du village Eurois. “On s’installait sur un banc et quelques fois mon père s’étonnait de voir qu’il y avait le voisin avec nous ! Ma mère, elle, prenait soin des filles de la commune… ” se souvient la centenaire les yeux pétillants de se remémorer ces souvenirs heureux.

“Je trouvais toujours un moyen pour lire en cachette”

Andrée a toujours eu la fibre littéraire. Petite, elle adorait aller à l’école, son instituteur songeait d’ailleurs à l’envoyer à l’école Normale d’Evreux. Mais son père a refusé, car elle devait “s’occuper de ses frères et sœurs”. Réticent à l’éducation pour les filles, il ne comprenait pas son attrait pour les livres. “Je trouvais toujours un moyen pour lire en cachette, parfois à la bougie, le soir, la nuit. J’aime Balzac et  Maupassant. J’aurais vraiment aimé faire des études de lettres” , regrette-t-elle. Encore aujourd’hui, Andrée continue de lire les magazines et les romans en tout genre : “Je fais encore mes comptes seule !” 

À 19 ans, elle arrête son apprentissage de couturière et tombe amoureuse de Gilbert, un électricien de la région parisienne qu’elle rencontre au mariage d’une amie. Une année plus tard, elle se marie et emménage à Clamart, en banlieue de Paris. La Seconde Guerre Mondiale venait tout juste de débuter en Europe. Elle lâche son travail de tisseuse de tapis-brosse dans une usine d’Heudreville pour devenir gardienne d’immeuble. “Je me souviendrais toujours le jour où les troupes allemandes ont envahi la France. Nous étions partis à vélo avec mon mari. Ce jour-là, j’ai beaucoup pleuré.” se souvient-elle encore sous l’émotion. Contraints de partir, ils trouvent refuge dans une ferme, aux bords des routes puis dans une loge du Théâtre de Royan. 

La visite de Monsieur le Maire

Peu après, le couple revient en Île-de-France, l’occupation s’élargissait et la nourriture se faisait rare : “on avait une carte de ravitaillement qui nous autorisait quelques grammes de provision par mois. C’était très compliqué, surtout à Paris, les gens faisaient la queue devant les magasins à 4h du matin pour essayer d’acheter 100 g de pain ou de beurre !” 

La guerre terminée, Andrée et Gilbert décident d’avoir un enfant, deux autres suivront pour s’envoler aux quatre coins de la planète : “ J’ai une fille sur la Côte d’Azur, une à Chaville et un fils qui réside en Martinique. Je suis allé le voir quand il était en Afrique !”

Arrivée à l’ESPAGES le 1er janvier 2009 après le décès de son mari pour se rapprocher de sa sœur : “Je suis bien ici, on est chez soi, on a tout ce qu’on demande !” Ordonnée, minutieuse et discrète, même à 100 ans, Andrée continue de profiter de la vie en s’octroyant un “petit cigare et un verre de vin” de temps en temps !  Pour ses 100 printemps, elle a reçu la visite de Marc-Antoine Jamet, très impressionné par la force des échanges et de la réflexion de la centenaire. Un anniversaire qu’elle a également pu célébrer, entourée de sa famille et des agents de l’établissement. 

 

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