Pilier d’ODS, Eric Hébert tire sa révérence

Eric Hébert fêtait jeudi soir son départ en retraite après 27 ans d'engagement chez ODS

Eric Hébert fêtait jeudi soir son départ en retraite après 27 ans d'engagement chez ODS

Gérant de l’entreprise de nettoyage ODS, Eric Hébert va savourer dans quelques jours les plaisirs de la retraite. Pendant 27 ans, il s’est mobilisé au chevet de centaines et de centaines de salariés en insertion. 

Eric Hébert fêtait jeudi soir son départ en retraite après 27 ans d'engagement chez ODS
Eric Hébert fêtait jeudi soir son départ en retraite après 27 ans d’engagement chez ODS

C’est une évidence pour tous : jamais ODS n’aurait été cette si précieuse pépite rolivaloise, qui rayonne partout en Normandie, sans à sa tête un homme d’exception : Eric Hébert ! Tous ceux qui l’ont un jour ou l’autre croisé ou côtoyé usent du même vocabulaire : généreux, engagé, à l’écoute, humain, compétent… « Le visage de l’humanité », résumait même récemment Marc-Antoine Jamet, ce jeudi 20 décembre, devant une salle comble à la MJA. Des centaines d’invités étaient venus rendre hommage au gérant de l’entreprise d’insertion rolivaloise qui tire sa révérence après 27 années d’engagement sans faille.

S’il suscite l’admiration et le respect tous azimuts, Eric Hébert n’en a pas moins la modestie chevillée au corps : « je n’ai fait que mon travail », se contente-t-il de répondre devant tant d’éloges qui l’embarrassent.

Marc-Antoine Jamet a remis à Eric Hébert la médaille de la ville jeudi 20 décembre
Marc-Antoine Jamet a remis à Eric Hébert la médaille de la ville jeudi 20 décembre

“Aider ceux qui en ont besoin”

Rien pourtant n’aurait dû a priori mener Eric Hébert jusqu’à cette aventure extraordinaire. Salarié dans l’entreprise familiale de décoration d’intérieure et de peinture à Ecouis, sa route était toute tracée : reprendre la suite de son père.

Mais, à 36 ans, Eric Hébert rêve d’une autre vie. « Je voulais une plus-value sociale dans ma vie ; aider ceux qui en ont besoin ». Pourquoi cette obsession ? « Dans l’entreprise de mon père, nous accueillions régulièrement des enfants de l’Institut médico éducatif voisin et leur faisions découvrir le monde du travail. Ces rencontres m’ont marqué et inspiré ».

C’est justement à cette époque que l’association ODS à Val-de-Reuil publie une offre d’emploi qui interpelle immédiatement Eric Hébert : la structure d’insertion – spécialisée dans le nettoyage et le second œuvre de bâtiment – cherche un éducateur technique. Une petite annonce qui va changer sa vie.

Gérant à partir de 1999

Immédiatement séduit par le concept de cette structure créée deux ans plus tôt pour permettre à des femmes et des hommes (des Rolivalois pour la très grande majorité) peu qualifiés de trouver un emploi, il postule et… est embauché ! Commence alors un chemin fait de rencontres, de réussites, de solidarité et d’innovations. « Très vite, j’ai pris davantage de responsabilités dans l’entreprise qui ne cessait de grandir. En 1999, on m’a proposé de devenir gérant : l’entreprise employait alors 50 salariés contre 15 lorsque j’y suis entré et 3 à sa création ».

Il en est alors conscient : de nouveaux défis l’attendent, lui, ce nouveau dirigeant qui met tout son cœur et toute son énergie au service de ses salariés en contrat d’insertion. « Ils sont là pour 24 mois maximum… Mon échec aurait été de les lâcher dans la nature à l’issue de leur contrat, sans débouchés ».

ODA formation voit le jour en 2007

Sans hésiter, il décide alors de créer en 2007 – avec Stéphanie Louchel – un organisme de formation adossé à ODS ; tous les salariés bénéficieront désormais d’une formation concomittante à ODA formation.« On leur donne une chance d’avoir un revenu et de construire un vrai projet professionnel en passant par la formation ». Le pari est osé mais la réussite est au bout du chemin. Preuve en est, sur les 5 dernières années, 225 contrats d’insertion ont été signés dont 90 % de Rolivalois. A la clé, 80 % de sorties dynamiques (CDI, CDD de plus ou moins de six mois, formations qualifiantes…) !

« Ma plus grande joie, c’est de croiser un ancien salarié en insertion qui me dit que tout va bien pour lui ; qu’il a une famille, un travail, une maison… C’est la réussite d’un système ». Un système infaillible qui a concilié ce que beaucoup estiment inconciliables : placer sur le même plan « social » et « économique ». Marc-Antoine Jamet ne manque d’ailleurs jamais de le reconnaître : « Le travail est aussi bien fait ici que dans une entreprise classique, avec une dimension humaine en plus ».

Stéphanie Louchel, co-gérante d'ODA et nouvelle gérante d'ODS à partir du 1er janvier prochain
Stéphanie Louchel, co-gérante d’ODA et nouvelle gérante d’ODS à partir du 1er janvier prochain

95 salariés, champions du nettoyage

Un travail qu’occupent aujourd’hui 95 salariés, lesquels assurent le nettoyage des écoles de la ville, de la piscine, de la mairie, de l’école de musique… Sans oublier ces 6 agents qui ramassent les déchets en ville. « Mais nous ne travaillons pas qu’à Val-de-Reuil :  nous avons des contrats dans de nombreuses collectivités de la région », précise celui qui, à 64 ans, a choisi de tourner la page ODS pour profiter d’un repos bien mérité.

Mais pas question pour autant de fermer le livre de cette vie : dans quelques semaines, il prendra la présidence de l’association d’insertion, comme il l’avait promis à son défunt ami Bernard Huré, président d’ODS jusqu’à sa disparition. « Il y a encore plein de choses nouvelles à construire ». Personne n’en douterait, encore moins Stéphanie Louchel, la nouvelle gérante d’ODS à partir du 1er janvier 2019

Une foule d'amis, de salariés et d'anciens salariés réunis à la MJA pour le départ en retraite d'Eric Hébert
Une foule d’amis, de salariés et d’anciens salariés réunis à la MJA pour le départ en retraite d’Eric Hébert