L’Arsenal fait de la scène un miroir de notre société

Une saison pour se faire du bien, réfléchir, s’émouvoir et surtout faire circuler la pensée. Corinne Licitra, la directrice du théâtre rolivalois nous dévoile la nouvelle année de l’Arsenal ! 

 

À l’approche d’une année d’élections, l’Arsenal assume plus que jamais son rôle de lieu de culture, de rencontres et de dialogue. Après avoir accueilli 13 507 spectatrices et spectateurs dont 3 668 scolaires et jeune public, 47 spectacles,70 levers de rideau dont 23 scolaires et jeune public en 2025-2026, pour sa nouvelle saison, Corinne Licitra, directrice de l’Arsenal, a imaginé une programmation exigeante, accessible et profondément humaine, où les grands sujets de société côtoient les moments de fête, la danse, le théâtre, la musique et les découvertes artistiques.

 

« Une deuxième saison, mais presque une première »

Après une première saison construite dans un temps particulièrement court, Corinne Licitra aborde cette nouvelle programmation avec un autre regard : « C’est une deuxième saison, mais presque la première. La première année a été une épreuve, parce qu’il a fallu sortir une programmation assez vite. Cette fois, nous avons eu la chance de pouvoir vraiment travailler la saison. » Une année d’expériences, de rencontres avec les spectateurs et d’observations a permis à l’équipe d’affiner ses choix. Le résultat ? Une programmation pensée comme un souffle, une invitation à se laisser traverser par les œuvres. « Une saison pour se faire du bien, qui donne à réfléchir et qui fait circuler la pensée, mais encore une fois en douceur. Il faut laisser les choses se faire par elles-mêmes. C’est un peu comme le vent, quelque chose qui vous enveloppe. Cette programmation, c’est un peu ça », souligne la passionnée qui a hâte de faire découvrir le programme 2026-2027.

 

Faire société, sans détour

À l’heure où les débats de société s’annoncent particulièrement présents dans l’espace public, l’Arsenal entend pleinement prendre sa place : « C’est notre rôle de faire société. »

La lutte contre les discriminations traverse ainsi plusieurs rendez-vous. Par exemple, le spectacle XXL, porté notamment par Sofiane Chalal, vice-champion du monde de hip-hop, interrogera la grossophobie. Le handicap, les questions féministes et l’immigration seront également au cœur de la programmation.Pour les scolaires notamment, plusieurs représentations aborderont les parcours migratoires, à travers des spectacles que la directrice décrit comme « d’une grande beauté et d’une grande élégance ». Cette question de la liberté artistique prendra aussi une dimension toute particulière avec Passeport, d’Alexis Michalik. Alors que le spectacle venait d’être déprogrammé par un maire du sud de la France, estimant que son sujet ne correspondait pas à ses propres convictions, Corinne Licitra a immédiatement souhaité affirmer une position forte : « J’ai très mal dormi la nuit qui a précédé cette nouvelle. Nous nous sommes dit qu’il fallait proposer exactement le contraire, dire haut et fort que nous sommes heureux d’avoir la chance d’être dans un territoire où nous pouvons programmer sans censure. » Autour de cette représentation, de nombreux échanges seront organisés sur la liberté de création et les risques qui peuvent peser sur elle.

Autre grand rendez-vous autour de l’égalité et des parcours de vie : Woman, le documentaire de Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova, qui sera également proposé dans le cadre de séances scolaires.

Une ouverture sous le signe du bonheur

La saison débutera le 10 septembre à 19h avec une soirée de présentation qui promet d’aller à l’essentiel : « On va parler des spectacles, des raisons pour lesquelles les gens viendront à l’Arsenal et, comme toujours, leur dire que cette maison est la leur. » Puis, dès le mois d’octobre, Danemark ouvrira véritablement le bal dans la joie et la bonne humeur. Cette fausse conférence entraînera le public dans un voyage décalé au pays du bonheur.« L’an dernier, le public a été présent et nous avons eu la chance d’accueillir un autre public », se ravit Corinne qui veut aussi sortir hors les murs.

La programmation jeune public occupera une place importante tout au long de la saison, avec un accent particulier mis sur les samedis.Spectacles, ateliers et rendez-vous partagés permettront aux enfants, aux parents et aux grands-parents de se retrouver autour d’expériences artistiques communes.

La Comédie-Française, une première exceptionnelle en Normandie

Parmi les grands moments de cette saison, un rendez-vous se détache particulièrement : le 18 février, la Comédie-Française viendra présenter Les Bonnes de Jean Genet.Une date exceptionnelle, puisque ce sera l’unique représentation en Normandie de cette production, avec trois comédiennes sur scène.« C’est tout ce que j’aime : on est dans le contemporain, tout en étant dans le respect du texte », souligne Corinne.Un événement qui symbolise à lui seul l’ambition de la programmation : accueillir des propositions artistiques d’excellence tout en les rendant accessibles au plus grand nombre : « Je suis persuadée qu’on peut être populaire en proposant de l’exceptionnel et de l’excellence. »

Danse, magie et rencontres artistiques

La danse sera particulièrement présente cette saison avec Entre-Temps, de Philippe Decouflé, dont l’interprète principal est Dominique Boivin. L’ancien codirecteur du théâtre de l’Arsenal sera également le parrain de Danse en territoire.Tout au long de l’année, ateliers, spectacles et projets avec les scolaires viendront faire vivre cette discipline au-delà de la scène.Une nouvelle formule sera expérimentée le samedi 21 novembre, autour d’une restitution mêlant Tendances automnales et Danse en territoire. L’objectif : créer davantage de liens entre les participants, favoriser les échanges et imaginer de nouvelles formes de collaboration.Deux jeunes chorégraphes de la compagnie Hydres participeront à cette aventure.La magie nouvelle sera également à l’honneur avec la compagnie 14:20, qui sera en résidence à Val-de-Reuil pendant près de trois mois : « Il y aura plusieurs surprises pendant leur résidence ici. » 

L’Arsenal continuera également à proposer des navettes pour aller découvrir des spectacles à l’extérieur. Cette saison, les spectateurs pourront notamment se rendre au Cirque-Théâtre d’Elbeuf pour découvrir la compagnie SCOM et son spectacle Hyperbole, qui mêle cirque et skateboard.

Trois concerts et de grands rendez-vous musicaux

La musique rythmera elle aussi la saison avec trois concerts particulièrement attendus. Le jazzman Kyle Eastwood viendra rendre hommage à son père, Clint Eastwood. Autre découverte : Vernis Rouge, artiste franco-libanaise dont le parcours est déjà une histoire en soi. Arrivée en France à l’âge de huit ans après avoir fui le Liban, elle trouve dans la musique un véritable point d’ancrage. Acceptée au Conservatoire de Toulouse, elle poursuit son chemin jusqu’à une participation remarquée à The Voice, où son interprétation d’un titre de Jul provoque une véritable explosion de popularité : « C’est une artiste incroyable. Elle a une voix cristalline, avec une sensibilité folle que j’adore. »Le lendemain, Arthur H prendra le relais pour une autre soirée musicale hors des sentiers battus.

Une saison qui s’affiche en rose et en bleu

Impossible enfin de ne pas remarquer l’identité visuelle de cette programmation, déclinée en rose et en bleu. Un choix directement inspiré du travail du photographe Vincent Fournier, dont l’univers a séduit Corinne Licitra : « Je connaissais déjà son travail et je l’ai trouvé très intéressant. Il y a tout un travail autour des fleurs et du Petit Prince. Il n’y a pas d’IA : il n’y a que des humains dans ce programme. »Une série de photographies, exposée dans le monde entier, imagine notamment ce que pourraient être les fleurs de demain. Entre une fleur rose et une fleur bleue, l’hésitation a finalement donné naissance à une programmation… des deux couleurs : « Je voulais la bleue, j’ai demandé l’avis de quelqu’un qui préférait la rose, alors nous avons fait moitié-moitié ! » Et parce qu’une saison n’est jamais totalement figée, l’Arsenal laisse aussi la porte ouverte aux surprises : petites conférences, moments autour de la lecture et rendez-vous inattendus pourraient encore venir enrichir l’année.

Une chose est certaine : pour cette nouvelle saison, l’Arsenal veut continuer à être une maison ouverte, un lieu de découvertes, de débats, d’émotions et de rencontres. Une maison où l’on vient voir un spectacle, bien sûr, mais surtout une maison où l’on vient faire société ! 

La billetterie est ouverte depuis le 1er septembre, les spectacles se remplissent déjà à grande vitesse ! Un spéctacle vous intéresse ? Rendez-vous sur www.theatredelarsenal.fr 
Un tarif solidaire à 5 euros existe en fonction des conditions et justificatifs de ressources. 

 

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