Fermeture du collège Pierre Mendès France : Les élus de Val-de-Reuil disent non au président du Département

Le Conseil Municipal de Val-de-Reuil réuni le vendredi 10 juin exprime sa plus vive opposition à la fermeture du Collège Pierre Mendès France de Val-de-Reuil annoncée par le Président du Département Sébastien Lecornu


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Motion des élus de Val-de-Reuil
Votée à l’unanimité en séance le vendredi 10 juin 2016

Parce qu’il s’en prend au Réseau d’Education Prioritaire de la commune, le plus important du département. La fermeture simultanée des collèges Pierre Mendès France à Val-de-Reuil et Pablo Neruda à Evreux démontre que les « économies » revendiquées par le CD27 ne sont obtenues que sur les établissements situés dans les zones les plus fragiles socialement, instruments pilotes des réseaux d’éducation prioritaire du département. En décidant la suppression du Collège Pierre Mendès France, le Département de l’Eure brise un partenariat entre écoles et collège et enclenche la déconstruction des projets éducatifs élaborés entre enseignement primaire et secondaire. Il rompt la relation essentielle entre instituteurs et professeurs du collège. Il éloigne géographiquement ces écoles de leur établissement de rattachement. Cette décision constitue donc un préjudice réel pour les habitants de quartiers dont les difficultés sociales ne peuvent être corrigées qu’en faisant bénéficier leurs enfants d’un soutien éducatif personnalisé, d’un accompagnement pédagogique renforcé, d’un environnement et un cadre de vie scolaire stables, garants d’une réussite scolaire sereine et d’une vraie promotion sociale. Cette décision ne frappe pas qu’un seul collège. Elle fera également perdre au  Collège Alphonse Allais, fréquenté par le public le plus défavorisé du département, l’intégralité des bénéfices issus de son classement en ZEP ainsi que les moyens humains et financiers qui lui sont attribués. M. Lecornu applique strictement un programme conservateur bâti sur le désengagement des politiques sociales et l’atteinte au modèle éducatif.

Parce qu’il déstabilisera la carte scolaire des communes de Poses, Léry et du Vaudreuil. Cette suppression handicape une intercommunalité dont le développement économique et social doit être basé sur la proximité et la solidarité des services publics. Nous demandons à l’Agglomération Seine-Eure d’exercer pleinement la responsabilité qui est la sienne pour maintenir la cohésion de son territoire et d’empêcher qu’il ne puisse s’y créer un système éducatif à deux vitesses. La décision que dit vouloir prendre M. Lecornu emporterait, en effet, avec elle, la stabilité des deux autres collèges de notre bassin de vie créant inévitablement des déséquilibres et désordres au sein des deux autres établissements qui le desservent. Premièrement, elle fera exploser le nombre des élèves du Collège Alphonse Allais, engorgera ses salles de classe, ses couloirs et sa cour de récréation, l’entrainera dans un processus irrémédiable de ghettoïsation. Deuxièmement, elle déstabilisera le Collège Michel de Montaigne du Vaudreuil en augmentant ses effectifs d’une part et en y intégrant d’autre part des collégiens qui ne pourront être accompagnés, soutenus et aidés comme ils le sont aujourd’hui au sein du Collège Pierre Mendès France. Ne pas l’entendre c’est être en totale déconnection avec la réalité économique, sociale et urbaine de notre territoire.

Parce qu’il ignore les autorités éducatives compétentes en se privant délibérément de leur expertise et de leur expérience. C’est non seulement irresponsable mais aussi et surtout dangereux. On ne change pas une carte scolaire comme on manipule une carte routière. Les compétences d’un département en matière de gestion des collèges n’autorisent pas son représentant à rayer de la carte un établissement sans aucune consultation ni concertation avec celles et ceux, Rectorat, Inspection Académique, Principaux, Enseignants, Parents d’élèves qui forment la communauté éducative.

Parce qu’il méprise l’ensemble de la communauté pédagogique qui œuvre quotidiennement pour dispenser à l’ensemble des élèves une même qualité d’enseignement, un même niveau d’écoute et d’attention et qui font preuve de la plus grande exigence en travaillant au plus près de nos enfants, au contact permanent des parents et des familles. Cette décision démontre le manque profond de considération du Président du Département à l’égard de celles et ceux, qui, à Pierre Mendès France, à Alphonse Allais et à Michel de Montaigne, sont les fonctionnaires de l’Education Nationale.

Parce qu’il ignore les projets d’aménagement et de développement urbains de la plus jeune commune de France. Pierre Mendès France, aux portes du nouveau quartier des Noés dont les premiers logements sont déjà sortis de terre, pourra accueillir d’ici un à deux ans les enfants des familles nouvellement installées dans les 300 nouveaux logements construits à ses abords. Ils témoignent du développement d’un quartier au centre duquel le Collège Pierre Mendès doit continuer de constituer avec la nouvelle éco-crèche et l’école des Dominos une ossature éducative.

Nous ne pouvons nous résoudre à cette vision purement comptable de l’Éducation. Il n’est pas de moyen plus efficace que l’École de la République pour empêcher que les inégalités ne se transforment en fatalité. C’est pourquoi nous demandons à Sébastien Lecornu, Président du Conseil Départemental de l’Eure, de respecter notre territoire et ses habitants, de stopper un projet injuste socialement, déséquilibrée territorialement, méprisant pour le monde de l’enseignement, ses enseignants et ses parents, et de maintenir le Collège Pierre Mendès France.