À seulement 11 ans, Aïra Niakaté a décroché le titre de championne de Normandie benjamine le 18 mai dernier à Falaise. Entre valeurs, respect et rigueur partagée en famille, c’est avec logique qu’Aïra a ramené cette médaille à Val-de-Reuil.
Pour son papa, Diako Niakaté, le choix des arts martiaux s’est imposé comme une évidence pour accompagner le développement de sa fille. « Je voulais qu’elle fasse du sport et que ça combine nos valeurs. Elle avait un manque de confiance en elle, donc on a choisi ce sport de combat. » Avant de trouver sa voie sur les tatamis, elle s’était essayée à une autre discipline, sans succès. « Avant, j’ai fait de l’athlétisme, aussi à Val-de-Reuil, mais je n’ai pas accroché. » Aujourd’hui, son discours est limpide et universel : « J’aime le sport ! »
Sur le tatami de Falaise, le parcours d’Aïra Niakaté a tout d’un sans-faute. Pour s’offrir l’or en catégorie « benjamine 2 », un classement lié à l’âge où les athlètes sont répartis après la pesée, la jeune fille a dû enchaîner cinq combats intenses : trois en poules, une demi-finale et une finale. Une sacrée revanche pour celle qui, l’an passé au même endroit, n’avait pas réussi à s’extraire des poules.
Le chemin vers le titre n’a pourtant pas été de tout repos. Entre les compétitions de qualification et les podiums accumulés pour glaner de précieux points, Aïra a dû surmonter un coup d’arrêt physique majeur. « Cette année, j’ai eu une fracture, puis les béquilles, et un mois et demi quasiment sans rien faire, donc j’ai encore plus de fierté », confie la jeune championne.
Le judo comme école de la vie
Dans la famille Niakaté, la performance ne va jamais sans la philosophie qui l’accompagne. Le père fait d’ailleurs un parallèle amusant mais formateur. « C’est comme les devoirs. » Une ligne de conduite qu’Aïra applique à la lettre. Très lucide, elle affiche une détermination à toute épreuve. « Je ne pense qu’à gagner ! Je peux être déçue si je perds, mais ce n’est pas grave » témoigne-t-elle avec ambition. « Si tu apprends pourquoi tu as perdu, tu ne perds presque pas. J’apprends à Aïra les valeurs, le fait de progresser sur certains domaines qui pêchent » ajoute son père plein de sagesse.
Pour progresser, la jeune fille ne recule devant rien, poussée par un entraîneur qui n’hésite pas à élever le curseur. Son coach l’emmène ainsi se battre contre des adversaires plus âgés lors des entraînements. Une stratégie payante qui fait sourire la benjamine. « Sinon c’est trop facile, car je bats tout le monde ! L’âge, ça ne veut rien dire, j’ai battu des plus grands de deux ou trois ans ! »
Cette réussite fait la fierté de ses proches, mais aussi de toute une commune. L’exploit a été relayé sur le site du club de judo ainsi que sur les réseaux sociaux du maire la Ville Nouvelle, Marc-Antoine Jamet. Un coup de projecteur important et touchant pour la famille, mais qui ne fait pas oublier à Aïra son sens du collectif et du partage. « Ça fait plaisir » s’exclament le père et la fille.
La championne conclut avec une belle maturité. « Le plus important, c’est d’essayer, un jour, on gagnera. On s’entraîne et ça va venir. Il ne faut pas se démotiver. » Une graine de championne est née.
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