Hommage à M. Bernard Cancalon, Conseiller délégué et Vice-président du CCAS – 11 Octobre 2016

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Chers collègues,

Quand un de nos amis, un de ceux qui a vécu avec nous, qui a travaillé avec nous, qui a siégé avec nous pendant 15 ans, nous quitte, alors qu’il est encore en fonction, nous lui rendons hommage.

Il s’agit de Bernard Cancalon, à qui nous avons rendu hommage et c’était naturel, là où il voulait aller, là où il voulait être, à l’Église, où tous ceux qui ont pu être avec lui, à cette période de l’année, étaient très nombreux et l’ont entouré de leur affection, de leur amitié et je crois également de leur reconnaissance.

Parce que beaucoup de ceux qui étaient dans cette assemblée, avaient bénéficié de l’aide de Bernard Cancalon. Il avait la façon de s’approcher d’eux et de leur dire, que pour un coup de main, une solidarité, une entraide, il serait là.

C’est la tradition au Conseil municipal de dire un mot de celui qui était notre collègue. Si vous le voulez bien, puisque beaucoup de bailleurs sociaux et d’associations l’ont souhaité, dans un lieu qui sera à définir, nous rendrons hommage plus tard à son travail et sa vie d’homme. Je voudrais dire ici ce qu’il a été comme Conseiller municipal. C’est important car quand on regarde la liste de choses qu’il avait entamées, des chantiers qu’il avait ouverts, des tâches qu’il avait à mener à bien, la liste est impressionnante. Si nous ne faisions qu’énumérer les têtes de chapitres que de ce qu’a fait Bernard Cancalon, je crois que nous dirions pourquoi cette Ville lui doit énormément. Il y a travaillé avec gentillesse, on peut dire le mot, ce n’est pas un mot affreux, une bonne volonté, une envie de faire au mieux, ce qui était assez exceptionnel.

J’ai dit qu’il avait siégé 15 ans… pas sur tous les bancs, pas de la même manière ou pas au même moment en tout cas. Il avait d’abord été dans l’opposition avec le Mouvement Indépendant Rolivalois, le « M.I.R », puis il avait rejoint ensuite la Majorité parce que, disait-il, « il voulait travailler avec elle, travailler sur des objectifs communs, pour améliorer la Ville et améliorer la vie ». Il était le représentant du tissu associatif, à la tête de plusieurs des associations de la Grosse Borne, le porte-parole des plus faibles et des plus démunis. Bernard avait ce caractère un peu fort, un peu dur, mais il ouvrait la marche devant ceux qui avaient subi de grandes difficultés, connu de grands accidents, fait face aux grandes adversités. Il était leur rempart, il était celui qui les conduisait, celui qui les aidait et celui qui parlait honnêtement pour eux.

Un citoyen du monde associatif, un élu, un membre fidèle de l’agglomération et de notre Ville, ne cherchant qu’à la défendre, dans une vision intelligente du développement de tout un territoire. Bernard avait cette facilité, cette subtilité, cette capacité à comprendre les choses, que ses ennemis aimaient bien ne pas voir en lui, parce qu’il avait, une fois encore, ce côté un peu rude.

Je dirais qu’en tant qu’élu et comme nous tous, il était travailleur. « Travailleur » ça veut dire des choses simples, ça veut dire qu’il commençait tôt et qu’il finissait tard, qu’il ne comptait pas ses samedis et ses dimanches. D’une certaine façon il travaillait beaucoup. Avec volonté, persévérance et acharnement. Cet élu était un honnête homme, quelqu’un de loyal, loyal à la parole qu’il donnait, loyal aux habitants, loyal à lui-même et à ses engagements. Je crois qu’il ne se trahissait pas. C’est toujours difficile d’être élu et de ne pas se trahir un peu.

Et puis il était fidèle, fidèle à chacun d’entre nous. A l’amitié qu’il avait pour nous, au réseau qu’il avait tissé, à la manière qu’il avait de nous parler et à celle qu’il avait de nous respecter tous, quelle que soit notre position dans ce conseil municipal.

Je crois qu’il a un bilan et on le sent à chaque fois que l’on cherche quelqu’un pour « remplacer » Bernard Cancalon, parce qu’il faudrait être 10 ou 15 pour le remplacer. Ce bilan, c’est beaucoup de conflits de voisinage évités, beaucoup d’expulsions empêchées. Actuellement, nous clôturons les dossiers de Bernard Cancalon et constatons le temps que nous y passons, la difficulté que nous avons, alors que lui savait le faire et le faisait remarquablement bien. Le nombre de permanences qu’il a tenues, le nombre d’habitants qu’il a reçus, le nombre de gens qu’il connaissait, le nombre de visites de quartiers et d’une certaine façon le nombre de kilomètres parcourus dans les rues de notre ville.

Tout cela se traduit évidemment en une chose : du temps. Du temps que l’on prend à d’autres, aux loisirs, à la famille, on le sait tous ici. Du temps le soir, le samedi et le dimanche et de ce point de vue je crois qu’il en a pris beaucoup pour le partage, la solidarité et l’entraide.

Je voudrais rappeler ce dont il était à l’origine. Peut-être que cette liste que je vais faire très à plat sera le plus bel éloge qu’on puisse lui faire. D’abord, je pense qu’il a été l’âme des « diagnostics en marchant ». Il était un peu militaire donc il emmenait tout le monde derrière lui, les services de la Ville, les services de l’État, tous ceux qui voulaient bien le rejoindre. Ils se mettaient en rond et c’était un peu le partage par le chef de patrouille des différentes tâches à accomplir. La « GUP », avec lui, c’était 600 interventions par an, réparation de lampadaire, transformation de caniveau, bouchage de trous, etc. C’est-à-dire tout ce qui fait la vie ordinaire des habitants, quand elle est fatigante et qu’il faisait en sorte qu’elle le soit moins.

Pour les « chantiers jeunes », où d’une quinzaine d’enfants ou de jeunes, on est arrivé à 120 puis 150, soit une multiplication par dix de ce travail. Ce n’était pas de faux travaux pour une fausse occupation, avec un faux salaire, c’était des choses utiles, décidées avec les bailleurs ou avec les associations de quartier et qui remplissaient vraiment un but. Bernard ne voulait pas que l’on repeigne un mur déjà peint ou que l’on se mette là où les services techniques avaient déjà fait. Il voulait que les jeunes fassent vraiment quelque chose et qu’ils aient vraiment une relation avec ceux pour qui il améliorait le quotidien, en faisant une cage d’escalier, un mur ou la proximité d’un équipement public.

A tout, il voulait donner plus d’ampleur, faire mieux, faire plus, faire davantage, et donc tout ce qu’il prenait à l’état de germe ou de graine devenait assez rapidement une plante vivace et presque un arbre.

On peut également penser aux nombreuses fêtes autour de la Grosse Borne. Alors, avec ou contre la Mairie, il y a eu plusieurs périodes mais toujours une efficacité et c’est un sentiment, je crois, qui perdure sur ce quartier. C’est une manière de faire la fête, de rassembler l’école, le quartier, la rue, les familles, quelque chose à laquelle nous sommes fidèles.

Et puis, il y a eu des choses moins visibles mais tout aussi essentielles pour une Mairie et pour notre collectivité. Créer des réseaux, trouver des référents, des personnes-ressources, faire sortir dans la ville des gens qui ne se savaient pas capables ou qui n’en avaient pas envie. Tout le monde n’a pas envie de travailler avec la collectivité mais, soudainement, motivés par lui, investis par lui, ils devenaient des relais, pas de la municipalité mais des relais de la ville. Je trouve que cette manière de mailler la ville, de créer du réseau, d’avoir des référents, était quelque chose d’important et aujourd’hui je vois un certain nombre de ceux qui font partie du Conseil citoyen. D’une certaine façon, c’est un peu l’assemblée des référents de Bernard Cancalon, que l’on y retrouve et chacun le sait.

Et puis une chose à laquelle j’étais très sensible, parce que je le dis à beaucoup, il était « le logement dans la commune ». Que de rumeurs. D’ailleurs je vois qu’à peine parti il y a des mails qui reviennent avec ce genre d’idée « passe-droit ». Toutes ces rumeurs qui peuvent parfois exister avec la pénurie de logement ou la difficulté. Bernard a fait une « bourse des logements », transparente, fluide, claire, dont les règles étaient connues par chacun, ce qui justifie ce courrier que je recevais en abondance, et c’est normal, tous les Maires en reçoivent. Peu à peu il se tarissait, parce que Bernard, en amont, dédramatisait, arrangeait les choses, trouvait une solution.

Pas parce qu’il avait des salles d’attente, mais parce qu’il rendait l’impossible possible. Il le faisait avec les usagers, avec les habitants, il le faisait également avec les bailleurs qui, de fait, montraient du respect pour nous. Et de ce respect naissait bien évidemment la volonté de travailler en commun, de faire plus de rénovation, de réhabilitation, plus de construction.

Et puis, on lui avait tous demandé un CCAS « actif et apaisé ». Un CCAS apaisé pour que les fonctionnaires s’y trouvent bien, actif pour que les dix mille personnes qui y sont reçues chaque année trouvent un accueil. Il avait mis son bureau au milieu, ni le plus grand, ni le plus beau, ni le mieux placé, celui qui était le sien avec sa porte toujours ouverte où chacun pouvait entrer. Je crois que ses agents le regrettent bien évidemment.

Et puis il y avait les samedis que l’on passait ensemble. Je ne peux pas les oublier. Ceux où un par un, quand toute la misère du monde vous tombe sur les épaules, avec les coups de gueule « Il exagère, il aurait pu s’en sortir luimême… », mais à la fin, il aidait quand même. D’une certaine façon, vous savez que nous sommes tous comme cela, il vaut mieux râler un peu et aider vraiment que ne pas râler du tout et ne rien faire.

Une chose m’a été rappelée il n’y a pas très longtemps, pour dire l’ouverture de Bernard, loin de la caricature que l’on faisait parfois de lui. Sur les réfugiés Syriens, il les connaissait et quand on avait monté un rendez-vous avec les femmes, pour des problèmes de Médecins, d’école, de suivi, d’enfant… ce n’était pas le dernier à dire qu’il allait faire sa part et qu’il connaissait le dossier.

Et puis, tous les dossiers l’intéressaient, je pense à « l’Espages », je pense au « Resto du cœur », je pense à beaucoup de travail de solidarité, je pense même au « Téléthon », à l’Association « Vivre Ensemble », je pense aux usagers de la SNCF. On m’a dit qu’il avait été un moment pour Val-de-Reuil le Président des usagers, lui qui prenait le train dans un sens et dans l’autre lorsque son travail était à Clichy. Il faisait train, plus métro, plus attente, plus retard, plus difficulté… Tout ça, il le connaissait par cœur, il était capable d’en parler avec une grande dureté, mais aussi avec une grande philosophie et un grand humour quand il parlait de lui-même. Il profitait d’une panne pour distribuer autour de lui un tract, pour faire de la retape pour le bien d’une association, pour dire du bien de Val-de-Reuil. Pas un moment il ne s’arrêtait.

Egalité, solidarité, proximité. Je l’ai dit, il était connu et apprécié. J’ai dit qu’il était celui à qui il est normal de rendre hommage, nous le ferons une fois encore avec les bailleurs et les associations.

Pour chacun d’entre nous, il était un collègue, un camarade, un militant et un ami et que, comme le dit Jean-Jacques Coquelet, il y a un certain nombre de pièces dans lesquelles on entre et où il n’est pas, et bizarrement qui nous semblent vides. Et je dois dire que comme beaucoup d’autres -je pourrais citer leurs noms- ils se connaissent là où ils sont. Il était pour notre Ville, un pilier, un allié, un appui et quelqu’un qui travaillait pour elle et pour la collectivité. Dire qu’il manque c’est évident, dire qu’on a mal à ne pas le voir c’est évident, et dire que nous souhaitons que là où il est, comme on dit, il continue de nous aider et de nous protéger c’est évident aussi.

Je vous remercie mes amis et je vous demande, si vous le voulez bien, de respecter ensemble, une minute de silence, à laquelle j’associerai et il le trouverait normal, Monsieur PARMETER, qui était au Conseil d’administration du CCAS et qui nous a quittés hier soir, 10 octobre.

Cette minute de silence est une manière également de parler de Bernard Cancalon, parce qu’il avait une particularité, il faisait respecter vraiment les minutes de silence qui duraient vraiment 60 secondes puisqu’il avait la gentillesse d’être aussi toujours présent aux cérémonies patriotiques, celui qui nous donnait le mouvement et le « la ».

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