Séance d’installation : Marc-Antoine Jamet, réélu maire, s’adresse à ses concitoyens

Le Maire s'adresse à ses concitoyens

Le Maire s'adresse à ses concitoyens

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«Au début de cette première séance de notre Conseil Municipal, séance d’installation, séance sans débats, il revient au Maire élu ou réélu de s’adresser à ses concitoyens. C’est un honneur, une joie pour moi, et ce sont des remerciements que je veux d’abord adresser.

Le Maire s'adresse à ses concitoyens
Le Maire s’adresse à ses concitoyens

Les premiers vont naturellement aux Rolivalois, dans leur ensemble, dans leur communauté, qui ont décidé de me faire à nouveau confiance prolongeant de six ans et portant à presque deux décennies le contrat par lequel ils m’ont choisi pour faire entendre et respecter leurs espoirs, leurs intérêts, leurs valeurs, leurs idées. Je serai évidemment, comme je l’ai été, le maire de tous les habitants quelles que soient leur opinion, leur génération, leur profession, leur confession sans la moindre distinction.

Je veux aussi remercier les fonctionnaires et les agents qui, dans notre commune, avec moi depuis 13 ans, parfois depuis plus longtemps, font du mieux qu’ils le peuvent pour la réparer, la rénover et la relancer. Je connais leur loyauté et leur neutralité. Je sais leur professionnalisme et leur volonté de progrès, de modernisation, d’amélioration pour notre collectivité. Il importe qu’ils soient salués et considérés par tous les élus. Les textes font de moi leur employeur et leur supérieur. Il n’empêche. Leur compétence est administrative. Leur responsabilité n’est pas politique. C’est une distinction qu’il faut prendre garde de ne pas oublier et que j’invite chacun à méditer.

Je veux dire ma reconnaissance, mais aussi mon amitié pour tous ceux qui nous ont accompagné et aidé dans cette belle campagne. Ceux qui tenaient le local. Ceux qui multipliaient les arguments sur Internet. Ceux qui distribuaient des tracts et collaient des affiches. Ceux qui organisaient des réunions et des meetings. L’ambiance était légère, sympathique, dynamique. Comme s’il n’y avait pas d’enjeu. Comme si chacun avait la conviction que c’était gagné et que la seule variable était de savoir si l’écart serait de dix, vingt, trente ou quarante pour cent comme il l’a été. A plus d’une centaine, nous avons vécu quatre mois ensemble qui n’ont pas connu une altercation, une dispute, une ombre. Je n’oublierai ni ce très beau moment, ni ceux qui l’ont rendu possible et qui, avec un millier de signatures, se sont regroupés derrière Mokhtar Benhari dans notre comité de soutien.

Je veux partager enfin avec les 16 femmes et les 16 hommes qui ont constitué la liste que j’ai menée la joie d’une réussite, d’un succès, d’une belle aventure collective. Avec 27 d’entre eux, nous allons travailler, nous avons commencé à le faire, dans un remarquable état d’esprit et je sens chez chacun d’entre eux un dévouement, une énergie, une ardeur dont nous aurons besoin pour aborder les années difficiles qui sont devant nous. Mais je veux rendre hommage aussi à Sereyleakhena Phay et Aurélie Lefèbvre, à Mohamed Fliou, Bruno Huré et Maamar Birrou dont une situation locale, qui n’est pas inédite à Val-de-Reuil, mais que l’on croyait appartenir au passé, prive, à mes yeux injustement, de siéger à nos côtés.

Si une période s’ouvre, une autre se clôt. J’ai reçu les messages courtois et républicains de Catherine Cascajarès et Eliane Dimov-Ivanov. Nous travaillerons s’il le désire avec Pascal Gébert qui leur succède, mais je voudrais les assurer que, sans ignorer tout ce qui nous a séparés de la droite et de l’UMP, que nous nous souviendrons du chemin, parfois parcouru en commun, pour le bien de Val-de-Reuil. On comprendra que je n’oublie pas les miens, ma famille de cœur qui m’a soutenu par son unité et sa compétence. Nos amis des verts, François Merle, adjoint aux finances précieux et sérieux, et Judith Raoul-Duval qui nous manque. Notre allié du Parti Communiste Jean-Pierre Perrault qui va continuer de veiller sur le conseil des sages avec ce sourire bienveillant que nous lui connaissons. Notre doyen dont j’espère pouvoir conserver le conseil avisé et toujours empreint de franchise, Bernard Beaufrère. Isabelle Malard avec qui une même émotion nous a saisis au Sénégal quand Danthiady acclamait Val-de-Reuil, Nathalie Covacho-Bove qui va continuer à agir dans un domaine culturel égal à celui du sport pour le développement social de la Ville, le docteur Sylvain Lecornet qui, avec sa lucidité et sa fidélité habituelles, nous a apporté son engagement total et fait part, encore hier, des graves dangers, des graves dérives qu’il voyait poindre dans plusieurs évolutions récentes de la situation politique locale. Je ne veux pas oublier Peggy Banguid et Aminata Ba dont la proximité, la disponibilité, l’amitié ont été des atouts tout au long du dernier mandat. Je veux citer avec force Laila Naassila qui est si active, si efficace, si mobilisatrice que j’ai l’impression qu’elle est encore assise à cette table, parfois avec son mari et Théodore leur bébé. Nos souvenirs vont vers Micheline Fromentin que notre Ville n’oublie pas. On comprendra enfin que j’ai un mot tout à fait particulier à cette heure pour Janick Léger à laquelle je pense.

Un mot sur la victoire. C’est une belle victoire pour plusieurs raisons. D’abord parce que la force d’une élection c’est son résultat : 28, 4, 1. Il n’y a pas grand chose à rajouter. Belle victoire parce qu’elle s’est faite avec plus d’électeurs que les fois précédentes, constat que nous faisons à chaque élection et avec une participation en hausse alors qu’elle baisse partout en France et cela en dépit de tous ceux qui me disaient que je n’avais pas besoin de leur bulletin tant le scrutin serait facile à gagner. Belle victoire parce qu’elle s’est faite pour la 3ème fois au premier tour et pour la 3eme fois dans tous les bureaux à trois ou quatre points près. Belle victoire parce que l’on connaît le contexte général, montée du chômage, hausse des impôts, inquiétude générale dans laquelle elle s’est opérée et qui fait, néanmoins, de notre score, en dépit de cet environnement, un des tout premiers du pays pour la majorité. Belle victoire parce qu’elle a regroupé, malgré trois listes en présence, deux électeurs sur trois dans une commune où des majorités très relatives n’apparaissaient autrefois qu’au second tour. Belle victoire parce que c’est une victoire de l’Union de la Gauche et que nous n’avons pas joué au bonneteau avec nos logos, à l’ardoise magique avec nos étiquettes. La conjoncture nationale n’était pas favorable à ceux qui se revendiquent du PS. Nous n’avons pas mis notre drapeau dans notre poche. On sait que les Verts par leur intransigeance énergétique, intransigeance désormais indispensable, parfois font peur. Nous leur avons demandé de superviser notre programme en la matière. On sait que l’alliance avec le Parti communiste est clivante et qu’elle rejette les électeurs de droite ou centristes vers d’autres listes. Nous l’avons revendiquée. Belle victoire parce que notre score est proche de ceux obtenus voici deux ans par le Président de la République François Hollande qui, par l’intermédiaire de Laurent Fabius, nous a félicités, et par notre député, François Loncle, qui a choisi la tribune du meeting de Louviers jeudi dernier pour souligner publiquement, de la manière la plus élogieuse qui soit, que dans sa circonscription Pont de l’Arche et Val-de-Reuil avaient fait presque aussi bien alors qu’il y avait une liste de plus à Val-de-Reuil. Belle victoire enfin parce que dans un contexte de montée de l’extrême droite nous avons su faire barrage au Front National ce qui dans une ville comme la nôtre est sans doute une exception nationale. L’idée même d’une dissidence était, dans un tel contexte, à ce point inopportune qu’elle en était en réalité, au regard de ce qui aurait pu se passer, irresponsable.

Je ne peux cependant pas uniquement être optimiste et heureux. Certaines choses m’inquiètent.

    1/La participation qui est inférieure à ce que je souhaiterais qu’elle soit. On connaît les raisons propres à Val-de-Reuil de cette abstention, mais rien ne serait pire que de la prendre comme une fatalité.
    2/Les années à venir qui seront financièrement très dures à passer pour une équipe comme la nôtre qui a fait depuis deux mandats du désendettement et la non augmentation des impôts des objectifs politiques et moraux.
    3/L’affaiblissement de la droite républicaine qui n’est pas sain tant il est vrai, comme nous l’avons appris de Mitterrand, que la démocratie en France est un moteur à deux pistons, l’un progressiste, l’autre conservateur, l’un pour l’ordre, l’autre pour le mouvement, et que cette répartition offre des repères simples et clairs, des repères vrais à notre société.
   4/La dispersion et la division qui, même si les déplacements de vote qui m’ont paru bien obscurs n’ont impacté notre score que d’une quinzaine de points, même si, lorsque je suis allé soutenir, à leur demande, comme l’ont fait -je l’imagine- les autres têtes de liste rolivaloises, les candidats d’Evreux, de Vernon, de Louviers, des Andelys, de Gisors, de Brionne, de Bernay, personne ne m’en a parlé autrement que comme une péripétie, peut nous affaiblir à l’agglomération si certains oubliaient que les conseillers communautaires, qui n’ont pas été élus au suffrage universel direct, ne sont que les délégués d’un conseil municipal et d’une commune.
    5/Inquiétude enfin sur des mots employés, sur les rumeurs qui circulent, sur les arguments utilisés parfois contre la vérité, sur cette idée curieuse que les élections se rejoueraient dès le lendemain de leur proclamation, parce que ces notions que le populisme a rendu familières sont dangereuses pour la République et la démocratie. Une campagne dure six mois. Un mandat dure six ans.

Pour le reste, je n’ai pas besoin de faire de promesses. Vous connaissez notre programme, nous l’appliquerons.»

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