La Ministre de la Justice aux Vignettes ce matin

Visite de Nicole Belloubet Garde des Sceaux au Centre de détention des Vignettes

Visite de Nicole Belloubet Garde des Sceaux au Centre de détention des Vignettes

Nicole Belloubet, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, était à Val-de-Reuil ce jeudi matin pour une visite du centre de détention des Vignettes. Elle n’a pas caché être impressionnée par les lieux.

Visite de Nicole Belloubet Garde des Sceaux au Centre de détention des Vignettes
Visite de Nicole Belloubet Garde des Sceaux au Centre de détention des Vignettes

Quatre mois qu’Emmanuel Macron est élu à la tête de la République et déjà deux visites ministérielles à Val-de-Reuil !  Après la Ministre des Armées Florence Parly, fin juillet (elle avait alors visité le bassin d’essais des Carènes avant de rencontrer les chantiers jeunes rolivalois), c’est la Garde des Sceaux, ministre de la Justice qui a fait route jusqu’à la plus jeune commune de France ce matin. Initialement prévue début août, cette visite de Nicole Belloubet au centre de détention des Vignettes avait alors été reportée en dernière minute.

Le parcours des détenus

Il était 9h00 environ ce matin lorsque la Ministre a franchi la lourde porte d’entrée de la prison de Val-de-Reuil où l’attendaient de nombreuses personnalités.

L’occasion pour elle de découvrir l’organisation du plus grand centre de détention d’Europe – il compte aujourd’hui 776 détenus (capacité de 800 places) pour 263 surveillants – et le parcours des détenus dans l’exécution de leur peine.

Ici, tout est organisé pour offrir les meilleures perspectives de réinsertion, les clés d’une resocialisation
Ici, tout est organisé pour offrir les meilleures perspectives de réinsertion, les clés d’une resocialisation

Construit en 1989, le centre de détention abrite des détenus condamnés pour beaucoup à de longues peines (certains à perpétuité). Ici, tout est organisé pour offrir les meilleures perspectives de réinsertion, les clés d’une resocialisation. « Il ne s’agit pas seulement du bien-être des détenus mais bien de la sécurité de tous nos concitoyens », insistait Nicole Belloubet, au cours de sa visite. Tout faire finalement pour éviter la récidive !

Ici, en effet, les détenus disposent d’un terrain de sport, d’un gymnase, d’une salle de spectacle, d’un centre socio-culturel mais aussi de bibliothèques (une convention entre la ville et le centre de détention prévoit la mise à disposition de personnel de la médiathèque pour faire vivre la bibliothèque pénitentiaire).

Seul ESAT, seul BTS en milieu carcéral

Au-delà de ces activités, le centre de détention des Vignettes abrite un atelier de métallerie et un atelier de confection. 84 détenus y travaillent au quotidien, fabriquant dans le premier des meubles, des portes de prison… ; pour le second des draps et vêtements en tout genre… le tout à destination des prisons de toute la France mais aussi pour des prestataires privés.

La prison rolivaloise est également la seule en France à disposer d’un ESAT (établissement et service d’aide par le travail) en milieu carcéral. 13 détenus en situation de handicap y travaillent au quotidien.

Autre particularité des Vignettes : aucun autre centre ne dispense de BTS (formation initiale sur 2 ans). La spécialité de cette formation : assistant de gestion. Taux de réussite : 99 %.

un pôle d’enseignement composé de 4 postes et demi de professionnels de l’Education nationale fonctionne au quotidien au sein du centre de détention
un pôle d’enseignement composé de 4 postes et demi de professionnels de l’Education nationale fonctionne au quotidien au sein du centre de détention

Plus globalement, un pôle d’enseignement composé de 4 postes et demi de professionnels de l’Education nationale fonctionne au quotidien au sein du centre de détention. 140 détenus fréquentent les 17 classes de tous niveaux (certains apprennent ici à lire et à écrire ; d’autres peuvent notamment passer un CAP) chaque semaine. Ils sont 400 sur une année.

« Scander le temps par le travail, par la formation, par les activités culturelles… évite de désocialiser le détenu et de préparer l’avenir »
« Scander le temps par le travail, par la formation, par les activités culturelles… évite de désocialiser le détenu et de préparer l’avenir »

“Je suis impressionnée par les lieux”

Tout au long de la matinée, Nicole Belloubet a ainsi sillonné tous ces lieux de vie qui font la singularité du centre de détention rolivalois. A sa sortie, la Garde des Sceaux ne s’en est pas cachée : « Je suis impressionnée par les lieux, en bon état, mais aussi par l’intention particulière portée aux parcours d’exécution des peines ». Et plus particulièrement la prise en charge des détenus en longue peine : « Scander le temps par le travail, par la formation, par les activités culturelles… évite de désocialiser le détenu et de préparer l’avenir ».

 

Autant d’activités qui assurent, selon la Ministre,  davantage de calme, au quotidien, derrière les murs de cette prison. Même si bien-sûr, les Vignettes n’échappent pas à certains débordements ou, parfois, agressions de surveillants. « Les surveillants réclament plus de moyens ; c’est une préoccupation que je partage aussi ». Nicole Belloubet devait d’ailleurs achever sa visite rolivaloise par une rencontre, privée, avec les syndicats pénitentiaires.

En attendant, elle le confirme : le budget de la justice sera augmenté de 3,8 % en 2018 !