Fermeture de PMF : Val-de-Reuil déposera un recours en justice

Depuis 18 mois, ils se mobilisent pour sauver leur collège

Depuis 18 mois, ils se mobilisent pour sauver leur collège

Malgré la mobilisation de centaines de parents d’élèves, malgré l’opposition de toute une Agglomération et de l’ensemble de ses maires, quelle que soit leur opinion politique, malgré les arguments qui concluaient, tous, à la nécessité de maintenir ce collège, situé au cœur d’un réseau d’éducation prioritaire, le Conseil départemental de l’Eure a voté ce matin la mort de PMF. La Ville de Val-de-Reuil, parce qu’elle sait qu’elle a raison, parce qu’elle défend les enfants, les siens comme ceux des autres communes, voisines et amies, parce qu’elle donne priorité à l’éducation déposera un recours devant le tribunal administratif pour faire annuler cette décision.

Depuis 18 mois, ils se mobilisent pour sauver leur collège
Depuis 18 mois, ils se mobilisent pour sauver leur collège

Communiqué

Jusqu’au bout, les défenseurs du collège PMF, de plus en plus nombreux au fil des semaines, ont espéré que le Conseil Départemental sortirait de son entêtement politique.

Jusqu’au bout, ils ont voulu se convaincre que la raison l’emporterait sur cette obstination irrationnelle qui a poussé une poignée de conservateurs locaux, n’étant plus pour beaucoup d’entre eux- par leur âge ou par leur statut – en situation d’accompagner eux-mêmes un petit enfant de dix ans en sixième, à fermer un établissement scolaire indispensable et qu’une commission de sécurité venait de déclarer « bon pour le service ».

Qui oserait prendre des enfants en otages, qui penserait à maltraiter des familles pour satisfaire ses ambitions politiques ?

Qui voudrait que son fils ou sa fille soit balloté dans un car de l’aube à la nuit tombée ?

Qui, sans avoir la moindre compétence en matière de pédagogie, prendrait une décision nuisible au renouvellement urbain, à la mixité sociale, à un vivre-ensemble citoyen d’une agglomération entière ?

Qui pourra se regarder demain dans une glace après avoir porté un aussi mauvais coup à des gens en incapacité de se défendre et dont le suffrage universel vous a confié la protection ?

Qui sans cynisme ou hypocrisie ?

36 maires, 7 conseils d’administration unis

L'agglomération vient de faire une nouvelle proposition au département
L’agglomération vient de faire une nouvelle proposition au département

Il est rare que 36 municipalités concernées se retrouvent unanimes pour rejeter une décision du conseil départemental qui les finance. Il est rare que la totalité des parents d’élèves d’un territoire refuse une décision alors qu’on leur promet monts et merveilles s’ils courbent l’échine.

Il est exceptionnel que sept conseils d’administration de collège, pourtant répartis sur trois communes théoriquement concurrentes, s’opposent à une décision qui frappe l’un d’entre eux, alors qu’on les prévient qu’ils ne l’emporteront pas au paradis.

Mais surtout, on n’a jamais vu une décision qui, par son amateurisme, sa brutalité, son absence de pertinence, ne recueille, si ce n’est l’approbation, au moins l’assentiment d’un seul professionnel, d’un seul observateur, d’un seul spécialiste.

A contrario un rapport d’un cabinet d’études indépendant, homologué par l’Education nationale, rendu en octobre 2017, prévoyait 300 nouveaux collégiens supplémentaires à PMF d’ici 2020 !

Mensonges, approximations, confusions…

Dès lors, avez-vous vu une seule main se lever pour dire que cette fermeture était fondée ? Aucune. Aucune en un an. Aucune dans l’Eure, aucune à l’académie d’Evreux, aucune au Rectorat de Rouen, aucune rue de Grenelle.

Il est vrai qu’on n’a jamais vu, dans la forme et sur le fond, une assemblée locale mise à ce point devant ses mensonges, ses approximations, ses confusions, tournoyer, virer et revirer dans ses arguments, et persévérer -sur instruction- dans l’erreur.

Il est vrai qu’il n’est pas fréquent de voir le ministre d’un Gouvernement choisi par lui faire le contraire absolu de ce que dit le Président de la République lorsqu’il parle de politique de la ville et des quartiers de grande pauvreté ?

Il est vrai qu’il n’est pas commun de voir celui qui prône la diminution des émissions de gaz à effet de serre jeter sur les routes des écoliers dans des bus polluants. Ce genre de décision vous colle à la peau et à la réputation.

Volte-face

Le CD 27 était bien décidé à fermer PMF
Le CD 27 était bien décidé à fermer PMF

Ce matin, le Conseil Départemental de l’Eure, réuni en séance plénière, sur ordre, a donc bel et bien condamné PMF, dont son toujours Président, Sébastien Lecornu, avait pourtant assuré, sur place, à la rentrée 2015, qu’il soutiendrait l’expérience éducative.

Ce matin, le Conseil Départemental de l’Eure, réuni en séance plénière, sur ordre, a tenté de valider, sans la soumettre aux instances compétentes, une carte scolaire où l’absurde le dispute au grotesque, le plus faible des exemples n’étant pas les fameuses dix minutes que le rapporteur du projet pensait suffisant pour rallier Val-de-Reuil à Louviers ou à Pont-de-l’Arche. Comme s’il n’y avait pas d’autres priorités !

 L’agglo et la Ville mettent la main à la poche 

Alors que éléments chiffrés, volonté de la communauté éducative, silence pesant de la tutelle valaient à sa majorité le pire des désaveux, M. Lehongre, qui ne disposait sans doute pas de la moindre autonomie et ne s’est jamais rendu officiellement dans la plus jeune commune de France, n’a pas profité de la porte de sortie qui lui avait été ouverte : financement à hauteur de 75 % la construction d’un nouveau collège (50 % par l’Agglomération et 25 % par la Ville), prise en charge de l’ensemble des coûts de fonctionnement de l’actuel établissement jusqu’à sa reconstruction. Il en portera personnellement la responsabilité.

Tout cela pour solder une vieille guerre entre le centre, très présent sur le territoire Seine-Eure à la droite classique pour partie récemment ripolinée Le conseil départemental aura été à la fois sous sa présidence une assemblée qui sacrifie sans sourciller les plus petits de ceux dont elle a la charge, qui n’attache aucune attention à l’enseignement et aux conditions dans lequel il est proposé, mais aussi qui fait preuve d’une compétence gestionnaire des plus faibles.

Décrochage, absentéisme…

Comment refuser au nom d’un parti pris, d’un aveuglement idéologique – s’en prendre aux territoires les plus pauvres de son département parce qu’ils ne votent pas pour vous – une telle opportunité budgétaire ?

Comment ne pas comprendre que les familles les plus déshéritées n’auront pas les moyens de payer à leurs fils, à leurs filles, cantine et transports ?

Comment ne pas voir que l’éloignement facilitera le décrochage, la radicalisation, l’absentéisme, la délinquance, empêchera les activités culturelles, sociales et sportives qui forment un citoyen, qui permettent de passer à l’âge adulte ?

Comment ne pas craindre une baisse des résultats, la fuite vers le privé, la fin de la renaissance d’une Ville Nouvelle et du travail fait par ses habitants depuis quinze ans ?

Comment ne pas appréhender un accident qui, un jour, pèsera sur la conscience de ceux qui l’ont rendu possible ? Si on n’y voit pas un aveuglement coupable, on y discernera la bêtise la plus lourde, un manque de vision dramatique.

Le recours déposé dans les prochains jours

Des centaines de Rolivalois réunis ce matin devant le collège PMF

C’est pourquoi la Ville de Val-de-Reuil continuera de se battre pour ne pas être la seule commune de plus de 15.000 habitants ne disposant que d’un seul collège, pour sauver un établissement situé au cœur d’un réseau d’éducation prioritaire essentiel à l’équilibre de son territoire.

Elle déposera dans les prochains jours un recours devant le tribunal administratif de Rouen pour faire annuler cette décision qualifiée par tous de « contraire à l’intérêt général ». Arguments erronés, statistiques incomplètes, données écartées, irrégularité, autant d’éléments que la Ville compte bien dénoncer devant la justice afin de prouver que les conseillers départementaux ne disposaient pas des éléments nécessaires à un vote éclairé.

Dans l’impossibilité de faire entendre ses arguments par la voie du dialogue et de la concertation, la Ville de Val-de-Reuil n’a pas d’autre choix que de s’en remettre à la justice pour défendre ses enfants et tous ceux du territoire de son agglomération.